Session d'automne

« Images, Représentations et Figures du Handicap : Iconographie médicale, sportive, érotique, artistique.

Une mutation depuis 1950 ? »

Suite au premier séminaire de mai 2008, ce deuxième regroupement s’organise à la fois à partir de certaines conclusions issues du séminaire de mai et sur des objectifs opérationnels permettant de finaliser ce travail collectif de l’année 2008 par des productions concrètes.

De façon récurrente, durant le séminaire de mai 2008, on a pu observer une certaine difficulté à renoncer au débat sur la « vérité » ou « l’illusion » de l’image. Souvent les débats se repositionnaient sur cette dialectique  avec d’un côté une définition de l’image comme représentation datée, subjective et construite par un ou des acteurs singuliers, représentation marquée par une fonction essentielle (image artistique, image d’information, de communication, de propagande etc.), et de l’autre la dimension de « miroir » de l’image, comme reflet informatif direct de la société de laquelle elle émerge.

Une autre difficulté est apparue dans l’organisation des échanges interdisciplinaires, qui ont mis à jour la très grande diversité des systèmes de références utilisés par les participants. Cette diversité touchait aussi bien les références théoriques évoquées que les systèmes conceptuels mobilisés, et a nécessité des temps d’échanges, d’explicitation et de définition conceptuelle. Cette expérience permet d’insister, dans la perspective du second séminaire, sur l’importance de l’explicitation du cadrage disciplinaire et conceptuel dans chaque production (communication orale ou article à écrire) présenté dans ce séminaire méthodologique.

Cette seconde difficulté impose aussi une plus grande structuration dans la direction des débats du séminaire à venir, qui s’appuiera sur une problématisation plus serrée des sessions de travail.

L’objectif opérationnel de ce second séminaire est d’approfondir et de valoriser les échanges, en focalisant l’enjeu du séminaire sur :
  • l’axe de réflexion méthodologique
  • la mise en œuvre de collaborations entre les participants pour réaliser des articles collectifs à partir des présentations et/ou des débats.
  • l’émergence de projets de collaboration scientifique impliquant l’utilisation d’images comme données sources.

Programme du Séminaire de novembre 2008

 
Jeudi 13 novembre 2008 – Matinée – 9 heures – 12 heures

Méthodologie(s) d'analyse des corpus iconographiques en histoire : quels usages de la source « images » ? Avec :
  • Jacques Gleyse, Professeur à l’Université Montpellier 2 : « Corps et santé : étude de la mise en image du corps dans les manuels scolaires d'hygiène et de morale (1882-1964). »
  • Jérôme Thomas , Docteur en Histoire, Université Montpellier 3 : Représentations de l’altérité et iconographie des populations amérindiennes au 16ème siècle.
  • Valérie Gorin, chercheur à l’Université de Genève, Suisse: «  Les blessés de guerre : du corps mutilé à la réhabilitation. »
  • Nicolas Bancel, Professeur à l’Université de Lausanne, Suisse : «  Quelques questions méthodologiques et épistémologiques autour de l’usage des images en histoire. »
Cette première session de travail du séminaire méthodologique d’analyse des images sera ouverte par une table ronde de quatre présentations de chercheurs, de 15 minutes chacune, présentations centrées sur leurs approches et leurs usages respectifs des images dans le cadre de travaux historiques.

Il s’agira lors de cette session de montrer en quoi un questionnement historique détermine ou non une approche méthodologique spécifique des images, qu’il s’agisse de la constitution des corpus d’images, des grilles de lecture des images utilisées, ou des modalités d’interprétation des résultats. De l’histoire médiévale, à l’histoire du 20ème siècle, de la question de la relation à l’Autre, sauvage, colonisé, à celle de la relation à la maladie, ou au handicap, les intervenants exposeront l’intérêt particulier de la source « image » dans la construction des savoirs en histoire portant sur les rapports à l’altérité.

Le débat qui suivra tentera d’élucider les convergences et les divergences entre les approches de l’image développées par les intervenants et celles utilisées par les autres participants au séminaire, tout en confrontant les résultats obtenus à partir des images à ceux obtenus par l’utilisation d’autres données.

Jeudi 13 novembre 2008 – Après-midi : 14 heures – 17 heures

Méthodes de lecture et confrontation de lectures d’une photographie sportive :  Iconographie sportive et représentations sociales des personnes dites handicapées.
  • Estelle Lebel, Professeure à l’Université de Laval au Québec, directrice du groupe de recherche Idéa, sur les images et les représentations sociales,
  • Anne Marcellini, Maître de conférences à l’Université Montpellier 1,
  • Athanasios Pappous, ATER à l’Université Montpellier 1,
  • Alain Giami, Dir. de recherche, INSERM.
Présenteront chacun leur vision de l’approche méthodologique à développer pour lire, étudier et interpréter l’image proposée au regard de la problématique générale des relations entre mise en image du corps handicapé et représentations sociales des personnes handicapées : la contextualisation du document photographique, la recherche d’informations complémentaires jugées nécessaires, le rapport à la question du « corpus »,  et la méthode d’analyse du contenu de la photographie seront travaillés.

Les chercheurs spécialistes des représentations sociales des personnes handicapées seront ici directement interpellés au regard de l’intérêt de l’apport des données d’images à la construction de connaissances sur l’évolution des représentations sociales des personnes handicapées, à partir de l’exemple traité.

Francisco Cruz Quintana, Professeur d’Université, Grenade, Espagne, développera, quant à lui, une approche psychologique et un outil utilisé pour travailler sur la perception des images et les émotions dans le cadre du « paradigme de la perception des images » (PPI).

Vendredi 14 novembre 2008 – Matinée – 9 heures – 12 heures

Méthode(s) d’analyse des images artistiques classiques et contemporaines : spécificité des méthodes d’analyse en histoire de l’art  et en études audiovisuelles et de leurs apports pour le regard en sciences sociales

Cette séquence de débats sera ouverte par une table ronde de trois communications de 15 minutes chacune.
  • Henri-Jacques Stiker, Professeur à l’Université Paris VII, spécialiste de l’histoire des infirmités, développera comment d’un point de vue méthodologique,  il a abordé l’étude de productions picturales de grands peintres mettant en scène les corps abîmés, difformes et différents, pour mettre à jour ce qu’il a nommé un « schème du retournement « ‘
  • Barbara Scioville – Gaviria, historienne de l’art, nous proposera une communication centrée sur une méthodologie de , celle de l’histoire de l’art, intitulée : « Iconographie,  tradition picturale et photographie contemporaine d’un sportif paralympique ». La méthodologie de l’Histoire de l’art dans la lecture de l’œuvre  est gouvernée par des éléments faisant partie du métier du peintre lui-même : la formation et la  théorie de la peinture donnent à l’histoire de l’art les outils d’analyse de l’œuvre (traités de la peinture renaissants, conférences de l’Académie royale de peinture et sculpture, correspondance d’artiste etc).  Miroir de l’histoire du goût et des idées, l’œuvre est étudiée dans son  contexte historique  également. L’objectif de cette communication est de présenter une analyse iconographique d’une image (photographie sportive) et de proposer les éventuelles influences et rapports avec la tradition picturale. Le thème du corps humain quintessence de l’art occidental, est un thème fondateur de tout l’art classique depuis la période hellénistique jusqu’au début du XIXe siècle. Dans quelle mesure et comment, la photographie contemporaine regarde encore le passé ? Est-elle définitivement émancipée des structures de construction de la peinture ou reste-elle sagement menottée à notre patrimoine culturel perceptif ?
  • Margaret Montgomerie, Senior Lecturer Media Studies, at De Montfort University, Leicester. Her research focuses on shifts in the representation of marginalised identities in popular screen fictions. Her work includes investigations of creativity and femininity, queer protagonists, sex workers, screen detectives with disabilities. She’ll propose to consider what is at stake in popular representations of disability through the analysis of British Television Comedy Sketch Show Little Britain.  Focussing on : The British context, The roles and functions of the characters with disabilities, Pathology and prejudice, the discourse of ‘Cheats. Tricksters and Frauds’, The re-emergence of the ‘Freak Show’.
Cette demi-journée, centrée sur les images artistiques, productions picturales ou audiovisuelles, visera à présenter des méthodes et techniques d’analyse des images référées à l’histoire de l’art, et aux « Media studies », pour ouvrir un questionnement sur d’une part l’intérêt et les limites de l’usage des images artistiques dans la production des connaissances en sciences sociales, et d’autre part sur les apports méthodologiques de ces approches transférables ou non à l’étude de différents types d’images, comme par exemple la lecture d’une photographie sportive par une historienne de l’art proposée par Barbara Scioville.
 
MSH-M